L’herbe pousse toute seule |
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Assieds-toi
en silence, ne fais rien. Le printemps vient, et l’herbe pousse
toute seule.
(Zenni Kushu, cité par Henri Brunel en épigraphe dans
"Les plus beaux contes zen.") |
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Je me suis assis en silence, j’ai essayé, désiré
ne rien faire.
Mais je n’ai pas pu, vraiment, je n’ai pas su.
Alors, pour m’apaiser, j’ai fait de la peinture.
L’herbe pousse toute seule, et j’ai en effet quelques
herbes folles sur mon balcon que je contemple chaque matin. Elles
sont arrivées là par leurs propres moyens, et de tout
près, elles sont belles comme des forêts vierges microscopiques.
En les observant avec soin, j’essaie de comprendre leur leçon
: sans attention, on ne les voit pas, on ne les aime pas. Avec attention,
elles m’émeuvent. Raffinées dans leur discrétion,
elles se développent et se renouvellent sans bruit, avec naturel.
Elles existent avec vaillance dans le tumulte du monde, et n’y
sont pas soumises. C’est ainsi que je voudrais que soient mes
peintures.
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Décembre 2005 — |
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