| L’insatisfaction et le doute ne
sont pas des expériences confortables. Mais Lucienne Cywier
n’hésite pas à affronter cet inconfort-là,
et à l’utiliser comme un levier efficace pour faire tourner
la mécanique de son inspiration. Et, surprise, à force
d’obstination, l’inconfort cède la place à
des moments d’oubli et de grâce : des idées arrêtées
s’effacent poliment devant le geste et la matière, tandis
que surviennent des taches de couleurs et des effets de matière
qui ne ressemblent à rien. Rien de facile en tout cas. Alors,
à partir de là, à force de caresses parfois un
peu fermes, avec le pinceau, le couteau, ou d’autres outils
non homologués, tout finit par prendre forme. La forme de peintures
qui, tout simplement, laissent au spectateur la place d’y installer
son propre regard. |